Le travail a un effet protecteur sur la santé mentale, mais dans certaines limites seulement. On sait depuis longtemps que le risque de dépression est multiplié par deux en cas de chômage: 16 % de risque pour un chômeur ou un inactif, contre 8 % pour un actif, selon les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees, décembre 2006). Les taux de suicide sont plus élevés chez les personnes sans emploi que chez les individus actifs. Mais un temps de travail excessif serait aussi associé à un risque accru de dépression.
C'est ce que viennent de montrer les données d'une nouvelle étude publiée par la revue scientifique en ligne Plos One qui révèlent cette fois que le surmenage n'est pas non plus favorable à la santé mentale. En effet, le risque de dépression est doublé chez ceux qui travaillent au moins onze heures par jour par rapport à ceux qui y consacrent «seulement» entre sept et dix heures.
Pour
arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les réponses de
plus de 2 .000 employés de la cohorte britannique Whitehall II qui
avaient répondu à des questionnaires détaillés à la fin des années 1990.
Ils ont ensuite observé la survenue d'épisodes dépressifs chez ces
derniers. Au départ, aucun n'avait a priori de problème psychiatrique ni
de trouble de l'humeur. Il s'agissait de 1.626 hommes et 497 femmes
âgées en moyenne de 47 ans au début de l'étude.
Surmenage dangereux
Les résultats semblent robustes pour deux raisons. Tout d'abord, les chercheurs ont tenu compte d'autres facteurs de risque de dépression connus tels que l'âge, le statut marital, la consommation d'alcool ou le statut socio-économique. Par ailleurs, ils confirment, de façon prospective, les conclusions de chercheurs norvégiens qui, en 2008, avaient retrouvé un taux élevé de dépression et d'anxiété chez 1 350 travailleurs surmenés. Une étude canadienne plus ancienne avait également montré un surcroît d'épisodes dépressifs chez les femmes (pas les hommes!) qui travaillaient plus de 41 heures par semaine par rapport à celles travaillant moins... Lire la suite sur LeFigaro.frLIRE AUSSI:
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