Pendant longtemps, Kodak a signifié photographie. Evoquer son nom suffisait à plonger votre interlocuteur dans un monde argentique fait de pellicules, d'ISO, de développement et d'appareils photo compacts. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Kodak, l'une des plus belles marques du monde et une icône de l'industrie américaine, n'est plus synonyme de réussite mais de déclin. Faute d'avoir su négocié le virage numérique, elle vient de se placer sous la protection du régime des faillites américain...
On peut en pleurer et c'est sans doute ce que les nostalgiques feront. Ou méditer ce cas d'école pour en tirer quelques leçons. Que nous apprend la chute de l'empire Kodak ? Pour ma part, je retiens trois idées majeures. 1. Le succès ne se construit pas sur une gamme de produits mais sur une vision. L'entreprise, créée en 1880 par George Eastman, a d'abord bâti son succès sur une idée simple : la photo pour tous. L'invention de la pellicule souple (dès 1888) ou celle de l'Instamatic ne constituaient pas des buts en soi. Juste des outils au service de la vision professée par Georges Eastman. Vision que le slogan, adopté en 1889, "Pressez le bouton, nous nous occupons du reste", a extrêmement bien traduit. Il aurait d'ailleurs pu servir de clé de lecture aux dirigeants de Kodak lorsque la photo numérique réalisa ses premiers clichés. 2. Le danger, c'est la rente. Le problème de Kodak, ce n'était pas sa R&D mais ses pellicules. L'Américain disposait d'une capacité de recherche exceptionnelle comme le montre son portefeuille de plus de 11 000 brevets (pour la défense duquel il se bat encore). Preuve que ses ingénieurs étaient "dans le coup" ? Ils avaient inventé en 1975 le premier prototype d'appareil photo numérique. Mais, pour l'industriel qui avait bâti son succès et sa rentabilité sur la pellicule photo, il était difficile pour ne pas dire impossiblepar Edward Krudy Wall Street a terminé peu changée mardi, effaçant ses gains de la séance dans les dernières minutes …


Il n'y a pas encore de commentaires