Le constructeur japonais Toyota va annoncer mercredi qu'il se retire de la Formule Un, croit savoir le quotidien japonais Mainichi.
Ce retrait pour des raisons économiques interviendrait à rebours de la tendance du marché automobile, où une reprise semble s'amorcer après une année très difficile, marquée par la crise financière internationale.
S'il se confirmait, le retrait de Toyota porterait un nouveau coup rude à la Formule Un, deux jours après le départ du fournisseur officiel de pneumatiques Bridgestone, qui ne renouvellera pas son contrat expirant fin 2010.
Il poursuivrait en outre la politique d'abandon des sports automobiles menée par les industriels japonais. Subaru et Suzuki ont quitté le championnat du monde des rallyes et Kawasaki n'aligne plus d'équipe dans la catégorie prestigieuse de MotoGP.
Pour les mêmes motifs économiques invoqués par tous ces constructeurs, le circuit international Fuji de Tokyo a renoncé en juillet à organiser le Grand Prix du Japon de F1 en 2010 et après.
Honda avait lancé le mouvement l'année dernière en se retirant du championnat de F1, où Toyota demeurait le dernier représentant japonais, après avoir reconnu qu'il avait envisagé un retrait.
Mais l'écurie, qui a terminé cinquième du classement des constructeurs cette saison, n'a pas encore engagé de pilotes pour la saison prochaine.
Motoriste de Williams cette année, Toyota a en outre vu l'écurie britannique annoncer la fin de leur collaboration.
Depuis son entrée en Formule Un en 2002, le premier constructeur automobile du monde n'a pas réussi à remporter la moindre course et ce, malgré un budget annuel estimé à 300 millions de dollars.
BMW REPÊCHÉ ?
S'il quittait le championnat, le paddock ne compterait plus que trois constructeurs automobiles: Ferrari - propriété de Fiat -, Renault et Mercedes.
Le retrait de Toyota ouvrirait la porte au retour de BMW-Sauber, inscrite comme équipe de réserve en vue de la prochaine saison et dont les nouveaux propriétaires suisses entendent prendre place sur la grille.
Un imbroglio juridique pourrait néanmoins naître de cette décision, Toyota ayant signé l'accord Concorde entre la Fédération internationale de l'automobile et les écuries. Ce contrat l'engage dans la compétition jusqu'en 2012.
La décision serait fondée sur des motifs économiques, selon le journal Mainichi. Pourtant, rapporte un autre quotidien, le Yomiuri, le constructeur aurait révisé à la hausse son objectif de production sur l'exercice s'achevant en mars 2010, à 7 millions de véhicules contre 6,2 prévus en février.
Lors d'un sommet automobile mardi, Toyota se disait plutôt optimiste pour le second semestre 2010 sur le marché ouest-européen.
Toyota table sur une perte opérationnelle de 750 milliards de yens pour un chiffre d'affaires de 16.000 milliards de yens cette année. Il doit annoncer ses résultats du second trimestre jeudi.
Sollicité pour réagir à ces informations, un porte-parole de Toyota a déclaré qu'il les vérifiait.
Yumiko Nishitani, version française Grégory Blachier
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