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    Lexique : taux d'endettement (gearing)

    Autres termes

    Si la solvabilité des banques est en quelque sorte un « problème de santé financière publique » (voir article « ratio de solvabilité bancaire »), celle de toute entreprise cotée est scrutée par les investisseurs qui envisagent d’y placer leur argent. Un indicateur fréquemment utilisé est le taux d’endettement, plus communément appelé gearing par les professionnels. Il s’agit d’un ratio calculé en faisant le rapport entre la dette financière nette de l’entreprise et ses capitaux propres.

    Pour simplifier, les capitaux propres sont constitués par le capital social (apporté par les actionnaires à la création de l’entreprise et lors d’augmentations de capital ultérieures), augmenté des bénéfices mis en réserve par la société au cours de son historique. Il représente des montants que l’entreprise détient et qui ne sont pas exigibles : ce sont donc des capitaux durablement aux mains de la société. La dette financière nette est constituée des dettes financières (dette bancaire, dette obligataire,…) que l’entreprise doit encore rembourser, auxquelles on soustrait la trésorerie qu’elle détient et ses équivalents (placements monétaires, par exemple). Le gearing vise en quelque sorte à montrer si l’entreprise fonctionne surtout avec des fonds stables ou si sa structure financière est risquée, du fait qu’elle va devoir rembourser ses créanciers. Imaginons qu’une société doit rembourser 50 millions d’euros à ses créanciers, dispose de 15 millions d’euros de trésorerie en banque et a des fonds propres de 70 millions d’euros. Sa dette financière nette égale 50 – 15 = 35 millions d’euros. Son gearing est donc de 35 / 70 = 50 %, ce qui constitue un niveau relativement élevé mais généralement considéré comme acceptable. Lorsque le gearing dépasse 100%, il peut devenir plus problématique, mais tout dépend en fait de la société et de son profil de rentabilité. Si une société perd de l’argent ou que son activité  n’est pas très récurrente, un tel niveau est difficilement tenable. Par exemple, les sociétés de services informatiques, dont l’activité est très liée à la conjoncture, donc très fluctuante, ont généralement très peu recours à l’endettement, afin de ne pas se retrouver dans des situations difficiles lorqu’elles connaissent un creux de marché. A l’inverse, les sociétés de distribution d’eau ou d’électricité (on les appelle aussi les utilities) ont par nature une très forte visibilité sur leur activité : elles ont donc recours à un endettement lourd sans pour autant se mettre en risque.

    On notera qu’un gearing négatif peut être le signe de deux situations opposées. Soit il met en lumière le fait que la dette financière nette est négative (on dit aussi que la société a une trésorerie nette excédentaire : c’est-à-dire qu’elle a plus de cash que de dettes à rembourser), ce qui est une situation très favorable et garantit une excellente solvabilité. Mais à l’inverse, le gearing peut être négatif parce que les fonds propres le sont, ce qui est généralement le signe d’une société virtuellement en faillite et s’accompagne généralement d’une dette énorme (typiquement, c’était le cas d’Eurotunnel avant la restructuration financière).