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    Pourquoi les cours en anglais s'imposent à l'université

    INTERVIEW François Héran, directeur de recherche à l'Ined a mené une enquête auprès des plus de 10.000 chercheurs et universitaires. Son constat est cinglant.

    Vous venez de publier une enquête très poussée sur l'usage de l'anglais parmi les chercheurs et, par voie de conséquence, des universitaires. Quelle leçon en tirez-vous au moment où la question des cours en anglais à l'université fait polémique?

    Dans l’étude que nous avons menée, nous avons demandé à 1.963 directeurs de laboratoires et à 8.883 chercheurs quelle était la langue la plus utilisée dans leur propre domaine, sachant qu’aujourd’hui la majorité des professeurs et maîtres de conférence français ont intégré des laboratoires de recherche. Et les résultats sont sans appel. Pour 83% d’entre eux, c’est l’anglais qui domine. 42% répondent même qu’il n’y a plus que cette langue qui soit utilisée. La plupart des rencontres scientifiques qui se déroulent en France se font en anglais et sans traduction même si la loi Toubon l’interdit.

    La loi ne sert donc à rien…

    Disons qu’une loi qui est n’est pas appliquée peut être considérée comme inapplicable. Les juges interviennent uniquement quand l’usage exclusif de l’anglais lèse le consommateur ou les salariés, qui – la loi le dit – ont le droit de pouvoir comprendre. Mais aujourd’hui, les universitaires et les chercheurs n’ont plus le choix : ils ont le devoir d’apprendre la langue internationale de leur discipline qui, sauf rares exceptions, est l’anglais.

    Certains universitaires sont opposés à ce monopole de fait. Ils ont tort ?

    Il faut être réaliste. Michel Serres est

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