Des frigos combinés Brandt ? Non, je ne crois pas qu’on ait ça.» Au Darty de l’avenue des Ternes, à Paris, la vendeuse arpente le rayon gros électroménager. Haier, Indesit Samsung, Candy. «Non, c’est bien ce que je pensais, ils ne nous ont pas livrés depuis des semaines…» Elle nous entraîne tout de même au fond de l’allée, où dépérissent quelques réfrigérateurs et congélateurs vendus séparément. «Mais personne n’achète ça aujourd’hui», commente-t-elle. On contacte ensuite le fabricant pour éclaircir ce mystère. L’entrée en vigueur de nouvelles normes énergétiques début juillet, nous fait-on savoir, l’oblige à renouveler sa gamme, avec des modèles moins gourmands en électricité.
Un actionnariat et une activité très mouvementés depuis 20 ans
Voilà qui ne va pas arranger les affaires de Fagor, le propriétaire espagnol de la marque. Depuis trois ans, le spécialiste de l’électroménager (Fagor, Brandt, Sauter, Vedette et De Dietrich) a perdu 55,7 millions d’euros, tandis que son chiffre d’affaires a rétréci au lavage, de 1,7 à 1,3 milliard d’euros depuis 2006. Certes, la crise espagnole explique en partie les soucis dans la péninsule. Mais les ventes en France, où le groupe fait plus de la moitié de ses recettes, ne se portent pas mieux : depuis 2007, le leader dans l’Hexagone (750 millions d’euros de chiffre d’affaires) a perdu trois points de part de marché en volume, pour se stabiliser à 14,5% fin 2011 (source GfK). «Mais ce chiffre est reparti à la hausse depuis le début de l’année et nous avons dégagé 1 million d’euros de bénéfice, ce qui n’était pas arrivé depuis quelques années», nuance Thomas Raffegeau, le directeur marketing de la filiale française FagorBrandt.
Et dire qu’il y a à peine six ans les «Brandt» accueillaient l’espagnol comme leur sauveur. Bien sûr, ils ne s’imaginaient pas renouer d’un coup avec les glorieuses années 1980, à l’époque où Gérard Jugnot donnait de sa moustache dans les spots ...
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