« Reconstitution des stocks, mesures mises en place pour protéger les habitats et les écosystèmes, préservation des espèces menacées, amélioration des connaissances, progrès de la recherche. » Ce sont les principaux impacts environnementaux constatés auprès des pêcheries labellisées MSC, met en avant Margaux Favret, chargée Commercial et Pêcheries-France. Cette première étude du MSC sur les effets de sa certification a été commandée auprès d'un cabinet de consultants experts en science marine, le MRAG, en collaboration avec les cabinets Poseidon et Meridian, et sera menée « tous les ans sur les mêmes critères, mais en incluant les nouvelles pêcheries pour constater si les objectifs sont atteints et notre mission remplie », détaille Edouard Le Bart, le responsable MSC-France.
La certification MSC a par exemple permis à la pêcherie de Hoki de Nouvelle-Zélande « d'améliorer la connaissance scientifique sur l'état des stocks, de mettre en place un plan de reconstitution approprié, de réduire l'impact de la pêche sur les oiseaux, les captures accessoires et les fonds marins », indique encore Margaux Favret. Cette pêcherie a été l'une des premières à être certifiée MSC en mars 2001, puis re-certifiée en octobre 2007. Elle est actuellement en cours de deuxième re-certification. « La pêcherie de Hoki est l'exemple emblématique des critiques qui peuvent être adressées au MSC : il nous est ainsi parfois reproché de certifier une pêcherie, dont le stock n'est pas en bon état », explique Edouard Le Bart. « Une baisse des stocks avait été en effet notée sur cette espèce entre 1999 et 2003. Les gens restent sur ces chiffres de 2003, alors que les mesures prises ont permis de reconstituer le stock à partir de 2005. »
135 pêcheries dans le monde
Autre enseignement à tirer de cette enquête : seul un tiers des parties prenantes interrogées a reconnu que le « MSC avait directement engendré, influencé ou contribué à des changements positifs dans les pêcheries certifiées, non certifiées et sur l'environnement ». Edouard Le Bart tempère ce résultat en rappelant que « bien souvent les pêcheries ayant obtenu la certification avaient auparavant des pratiques déjà durables. Dans ce cas, elles considèrent le label comme une plus-value ». 135 pêcheries sont certifiées MSC dans le monde ; 136 sont en cours d'évaluation. En France, quatre pêcheries sont certifiées (la sardine de Bretagne, le lieu noir d'Euronor, le lieu noir de la Compagnie des pêches de Saint-Malo et de la Scapêche, ainsi que le homard de Normandie et Jersey). Deux sont en cours de certification. Les pêcheries sont évaluées selon les critères du référentiel MSC par des organismes certificateurs et des experts indépendants et doivent respecter les trois principes fondamentaux du référentiel MSC. La pêcherie doit être conduite de manière à ne pas entraîner la surpêche ou l'épuisement du stock de l'espèce cible. Elle doit par également permettre le maintien de la structure, de la productivité, des fonctions et de la diversité des écosystèmes dont la pêcherie dépend. Enfin, elle doit mettre en place une gestion efficace qui permet une utilisation de la ressource responsable et durable et respecte les lois locales, nationales et internationales. La durée totale du processus de certification est de 12 à 18 mois en moyenne.
De 10 000 A 50 000 euros pour être certifiée
« Le rôle du MSC est de fixer les critères de certification, il ne décide pas de l'issue du processus », souligne Edouard Le Bart. Selon les pêcheries, les coûts d'audit ne sont pas les mêmes : de 10 000 euros pour une petite pêcherie artisanale à 50 000 euros pour une grosse pêcherie de colin d'Alaska. « En valeur absolue, ces montants peuvent sembler importants, mais rapportés au tonnage, cela revient à quelques centimes » pour la pêcherie, poursuit-il. La pêcherie est ensuite certifiée pour cinq ans, mais un audit annuel est effectué.
Une fois certifiées, les produits des pêcheries peuvent porter l'écolabel MSC. Le MSC se donne pour mission « d'utiliser son écolabel et son programme de certification des pêcheries pour contribuer à la santé des océans en reconnaissant et récompensant les bonnes pratiques de pêche, mais aussi en influençant les choix des consommateurs lorsqu'ils achètent des produits de la mer ». 560 références portent désormais le logo MSC en France (13 000 à l'international). « Les consommateurs sont de plus en plus en demande de ces produits», se réjouit le responsable MSC-France, dont le bureau à Paris existe depuis deux ans. « En comparant l'Allemagne et la France, nous nous rendons compte que le logo MSC est plus visible Outre-Rhin, car les Allemands ont davantage conscience des enjeux environnementaux, et ce, depuis plus longtemps », poursuit-il. Néanmoins, le MSC-France a mené une étude en juillet 2010, d'après laquelle « 4% de la population française affirmait connaître le logo MSC et savait ce qu'il représentait ». « Les Français commencent à s'intéresser au sujet», assure Edouard Le Bart. Une centaine d'entreprises françaises sont aujourd'hui certifiées et commercialisent des produits MSC : il s'agit de distributeurs (Carrefour, Picard, Monoprix, Casino), de groupes de restauration collective (Compass, Sodexo) et de marques (Findus, Fleury Michon, Blini, Labeyrie). « Cela représente 1% de la consommation des produits de la mer en France. Mais c'est l'évolution sur ces dernières années qu'il faut regarder surtout », conclut-il.

