Olivier Blanchard : 'L'économie mondiale est entrée en convalescence'

lemonde
, Le lundi 23 novembre 2009, à 14h 52 CET

La conjoncture économique de la planète s'améliore, mais le Fonds monétaire international (FMI) juge que la reprise n'est pas encore solide, faute de consommation et d'investissements. Olivier Blanchard, le chef économiste du Fonds, demande aux gouvernements de ne pas retirer les perfusions qu'ils administrent à leur économie et à leur système financier.

Comment se porte l'économie mondiale ?

Nous avons évité la catastrophe. Nous prévoyons que la croissance sera positive en 2010 dans les économies avancées, peut-être un peu plus de 1,5 %, avec quelques bonnes nouvelles dans tel ohu tel pays. Le chômage continuera pourtant à croître durant une bonne partie de l'année. Dans les pays émergents, nous prévoyons que la croissance sera de 5 % à 6 % en moyenne. Certains de ces pays risquent de connaître des mouvements de capitaux, des accumulations de réserves et des bulles qui seront difficiles à contrôler. Ce n'est pas encore la grande forme ! Mais nous sommes entrés en convalescence et c'est le mieux que nous puissions espérer après avoir frôlé la 'Grande Dépression'.

Pourquoi demandez-vous aux gouvernements de ne pas cesser leurs plans de soutien ?

Nous sommes en présence d'une économie mondiale tirée par la reconstitution des stocks et de généreuses politiques budgétaires. Si l'on supprimait celles-ci, l'économie retomberait en crise. La condition d'une croissance durable dépend du retour de la consommation privée et des investissements. Or nous savons que, dans les économies avancées, la demande et les investissements résidentiels ou non résidentiels demeureront faibles un certain temps.

A quand le démantèlement des aides aux économies et au secteur financier ?

Nous avons recommandé au G20, qui nous avait posé cette question, premièrement, qu'il n'y ait pas d'engagement précis en terme de dates ; deuxièmement, de commencer par réviser leurs politiques budgétaires, car il leur sera très difficile de passer de déficits importants à des excédents primaires substantiels. Après, il sera temps de revenir à des politiques monétaires moins accommodantes.

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