Lorsqu’on vend quelque chose qu’on ne détient pas, cela relève bien souvent de l’escroquerie, comme dans le cas du fameux imposteur Victor Lustig qui, dans les années 1920, vendit par deux fois la Tour Eiffel à un ferrailleur ! Mais sur les marchés, vendre un titre qu’on n’a pas en portefeuille n’a généralement rien d’illégal ! Cela s’appelle une vente à découvert. Comment est-ce possible ? Tout simplement, il s’agit d’une vente à terme : les conditions de la vente (nature de l’instrument financier, nombre de titres, prix) sont fixés au moment où l’ordre de vente est exécuté, mais le dénouement de l’opération (c’est-à-dire, pour le vendeur : la livraison des titres à l’acheteur) est décalé dans le futur. Les ventes à découvert sont le quotidien des professionnels de la finance comme les traders ou les gérants de hedge funds. Mais elles sont aussi accessibles au simple investisseur individuel, notamment via le service de règlement différé (SRD, voir ce mot).
L’intérêt de la vente à découvert est simple : elle permet de dégager un profit sur la baisse du cours de l’actif financier concerné. Par exemple, imaginons une action X qui vaut 40 euros en début de mois et un investisseur Y qui vend à découvert 100 titres X, avec un dénouement prévue de l’opération en fin de mois. Si l’action ne vaut plus que 25 euros en fin de mois, l’investisseur Y devra débourser 25*100 = 2.500 euros pour remplir son obligation de livrer les 100 titres qu’il a vendu en début de mois. Par ailleurs, le dénouement de son opération de vente lui rapportera 40*100 = 4.000 euros. Il encaisse ainsi une plus-value de 1.500 euros.
Lors d’une opération de vente à découvert, l’intermédiaire financier demande à l’investisseur d’immobiliser une somme ou des actifs représentant une partie de son engament et servant de garantie à l’opération. En effet, si, contrairement aux anticipations de l’investisseur, l’actif qu’il a vendu à découvert s’apprécie, le dénouement générera une perte pour lui.
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