On critique souvent les activités de trading à cause de l’impact déstabilisant qu’elles peuvent avoir sur les marchés. Le trading est souvent assimilé à de la spéculation à très court-terme : on emploie depuis longtemps l’expression de day trading pour les opérations visant à rechercher une plus-value dans la journée. Le trading à haute fréquence (high frequency trading) pousse la logique encore plus loin et, afin de garantir une réactivité maximale, remplace tout simplement le trader par un algorithme mathématique. C’est cet opérateur de marché virtuel qui élabore en fonction des conditions de marché une stratégie d’investissement et va l’exécuter en quelques microsecondes, le but étant précisément de profiter d’une rapidité supérieure à celle des opérateurs humains. Cette vitesse supersonique est évidemment un atout majeur dans les stratégies d’arbitrage, visant à profiter d’écarts anormaux de valorisation. Mais elle permet aussi de réagir plus vite aux nouvelles qui parviennent sur le marché : c’est ce qui explique le développement du trading à haute fréquence, lequel représente désormais la majorité des transactions boursières en Europe et aux Etats-Unis.
Mais en laissant le contrôle à l’ordinateur, le trading à haute fréquence génère des risques nouveaux. C’est ainsi à lui qu’on a attribué la responsabilité du flash crash qu’a connu le marché américain le 6 mai 2010. Lors de ce mini krach boursier, le Dow Jones avait perdu près de 1.000 points en quelques minutes, un ordre important passé sur le marché ayant déclenché une rafale d’ordres automatiques de vente. Le trading à haute fréquence a donc un impact potentiellement important sur la volatilité des marchés. Autre risque, celui d’un algorithme « fou », c’est-à-dire souffrant d’un défaut de conception. Le risque est que dans une certaine configuration de marché, il passe des ordres incohérents, avec peut-être pour conséquence des lourdes pertes pour l’opérateur financier qui l’utilise.
Enfin, le high frequency trading facilite des fraudes telles que les manipulations de cours, tout en les rendant plus difficilement identifiables. En août 2011, l’autorité britannique de régulation des marchés financiers (Financial services authority) a ainsi réclamé des poursuites à l’encontre de la société canadienne Swift Trade pour des abus de marché datant de 2008. Son équivalent français, l’Autorité des marchés financiers, plaide de son côté pour une limitation, voire une interdiction du trading à haute fréquence.
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