Le métier d’une banque est de recueillir et de placer les dépôts de ses clients, mais elle est également amenée à accorder des prêts et à prendre divers engagements synonymes d’un certain nombre de risques. De la solvabilité des banques dépend la capacité de tout un chacun de disposer librement de des avoirs qu’il a placé dans le système bancaire : c’est donc un élément vital de la stabilité financière d’un pays. C’est pourquoi les engagements des banques ne doivent pas dépasser un certain montant, d’où cette notion de ratio de solvabilité bancaire.
La solidité financière d’une banque est définie par ses fonds propres (les capitaux que les actionnaires ont apporté à la banque + les résultats passés qu’elle a mis en réserve). A l’origine, le principe du ratio de solvabilité bancaire était que les fonds propres devaient représenter au moins 8% des engagements pris par la banque. Ainsi, pour pouvoir octroyer des prêts à hauteur de 50 milliards d’euros, un banque doit avoir 4 milliards d’euros de fonds propres.
C’est le Comité de Bâle qui a institué cette recommandation dès 1988 en introduisant le ratio Cooke, baptisé d’après le nom du premier président de cette institution. Les accords de Bâle II, en 2004, l’ont remplacé par le ratio McDonough, qui est plus raffiné. D’un côté, il opère un distinguo entre les différents types de risques (risques de crédit, risques de marché, risques opérationnels). De même, au sein des fonds propres, il fait la différence entre les « vrais » fonds propres, dits tier 1 (capital social et réserves diminués de l’autodétention et des goodwills) et des montants assimilés aux fonds propres, mais dont la valorisation peut être sujette à une révision en baisse. Ainsi, les banques doivent avoir des fonds propres tier 1 représentant au moins 4% des engagements, selon ce nouveau ratio.
La crise de 2008/2009 a mis en lumière les insuffisances de ce dispositif, notamment eu égard au fort développement de la titrisation, synonyme de risques ne figurant pas au bilan, donc plus difficiles à déceler, ce qui a incité le Comité de Bâle a relever les seuils en 2010.
En 2011, des tests de résistance, ou stress tests, simulant des scénarios macroéconomiques défavorables ont été conduits pour vérifier si les banques continueraient d’afficher des ratios supérieurs aux minima requis dans ce cas. Les grandes banques françaises ont facilement passé ces tests, ce qui ne les a pas empêchées de rester boursièrement très fragiles. Il est vrai que lesdits tests n’incluaient pas le scénario de défaut d’un état européen, ce qui est pourtant une crainte du marché.
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