C’est l’économiste américain Eugene Fama qui a développé la théorie d’efficience du marché à partir du début des années 1960. Dans l’hypothèse d’un marché efficient (il faut pour cela qu’il soit suffisamment large et que l’information y circule instantanément, comme c’est le cas sur le marché boursier), toutes les informations arrivant sur le marché sont prises en compte de manière correcte et immédiate par les opérateurs. Pour les adeptes de cette théorie du marché efficient, cela a pour conséquence qu’on ne doit toujours se fier à la valeur du marché et donc qu’une action ne peut jamais être considérée comme sous- ou survalorisée. Cette théorie milite donc pour des stratégies d’investissement plutôt passives, comme la stratégie dite « buy and hold » (acheter et conserver), dans laquelle l’investisseur ne va en principe jamais revendre l’actif acheté, comptant sur la rémunération des dividendes plutôt que celle procurée par une plus-value. Mais surtout, considérant que les stratégies actives ne peuvent durablement générer un rendement supérieur à celui du marché et que les cours de bourse évolue de manière aléatoire, la théorie d’efficience des marchés a ouvert la voie à une vision très mathématique de la finance, basée sur des modèles probabilistes, comme celle du modèle d’évaluation des actifs financiers (capital asset pricing model), notamment défendu par l’économiste américain William Sharpe.
A l’opposé de cette théorie, la finance comportementale s’attache à démontrer l’importance de la psychologie dans la formation des cours, laquelle va à l’encontre de l’efficience du marché. Les comportements des intervenants sur le marché souffrent en effet de nombreux biais cognitifs (mauvaise compréhension) ou émotionnels (peur, admiration), qui peuvent être individuels ou collectifs (effets moutonniers). La gestion dite de conviction est un autre exemple de contrepied à la théorie d’efficience du marché, le gérant s’attachant alors à un travail de recherche qualitatif pour sélectionner les valeurs de son portefeuille.
A l’occasion de la crise financière de la fin de la décennie 2000, les critiques de l’hypothèse d’efficience des marchés ont redoublé, cette théorie étant notamment accusée de sous-estimer de manière systématique les dangers liés à l’éclatement des bulles financières.
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