L’investissement socialement responsable (ISR) est un concept désignant les produits financiers qui, en plus des critères classiques de rentabilité, prennent en compte des critères sociaux, environnementaux et de gouvernance (critères ESG), avant de décider dans quelles entreprises ils placent l’argent des investisseurs. L’investissement socialement responsable est en quelque sorte la mise en pratique des principes du développement durable dans la gestion d’actifs, même s’il est aussi l’héritier de la gestion éthique, apparue dans les années 1920 aux Etats-Unis à l’initiative de congrégations religieuses. Mour des raisons morales, celles-ci écartaient de leurs investissements certains secteurs d’activité, comme le tabac ou l’alcool. Cette technique dite d’exclusion subsiste aujourd’hui dans certains fonds ISR, mais n’est pas la seule approche. La technique de sélection dite « best in class » consiste à construire des portefeuilles financiers en retenant dans chaque secteur économique les meilleurs élèves en matière d’environnement, de social et de gouvernance. D’autres fonds misent sur l’engagement actionnarial, mettant en œuvre un dialogue constructif avec les sociétés dans lesquelles ils investissent pour qu’elles améliorent leurs pratiques.
Ces différentes techniques peuvent d’ailleurs être panachées, le secteur de l’investissement socialement responsable étant encore loin d’être normé. Les sociétés de gestion qui lance des fonds d’investissement socialement responsable doivent recourir à de l’analyse extra-financière. A l’instar des agences de notation financière, il existe ainsi un certain nombre d’agences accordant des notes aux entreprises sur le plan extra-financier, parmi lesquelles les françaises Vigeo et Ethifinance, la britannique Eiris, la suisse Inrate ou l’américaine MSCI ESG Research.
En France, l’investissement socialement responsable représentait 68,3 milliards d’euros d’encours à fin 2010, selon les données de Novethic, qui accorde un label de qualité faisant référence aux fonds ISR (156 fonds labellisés en septembre 2011). Son développement rapide ces dernières années (+35% en 2010) est surtout du à l’essor de l’épargne salariale, qui propose généralement ce type de produits financiers, et à la conversion de fonds classiques à ce type de gestion. L’appétit réel du public reste difficile à mesurer, surtout que les fonds ISR ne sont pas toujours faciles à appréhender pour le profane. Mais l’ISR, comme la finance solidaire, témoigne de la volonté du secteur financier de trouver des solutions aux excès de la finance de marché.
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