Goldman Sachs est une des principales banques d’investissement américaines, avec un chiffre d’affaires de 46 milliards de dollars en 2010. C’est sans doute la plus symbolique des excès de la finance moderne, tant son histoire est émaillée de scandales.
Créée en 1869, la banque Marcus Goldman & Co (du nom de son fondateur) est devenue Goldman Sachs lorsque son successeur, Samuel Sachs, en a pris les rênes. Dès le début du 20ème siècle, elle se distingue en réalisant d’introductions en Bourse majeures, comme celle du groupe de distribution Sears, Robuck and Co. L’entreprise sort très affaiblie de la crise de 1929, sa réputation étant pour longtemps ternie par les procès intentés par certains clients à cause d’un produit financier très spéculatif commercialisé peu avant le krach. Goldman Sachs est remise sur les rails par Sydney Weinberg, un self made man qui dirige la banque entre 1930 et 1969. C’est durant cette période que les activités de trading se développent, notamment sous l’influence de Gus Levy, qui succèdera à Weinberg à la tête de Goldman Sachs. Le début de sa présidence est marqué par un nouveau scandale, le nom de Goldman Sachs se retrouvant lié à la méga-faillite de la compagnie ferroviaire Penn Central, en 1970.
Aujourd’hui, les activités liées aux marchés financiers (trading, gestion d’actifs) sont très largement dominantes dans l’activité de la banque par rapport aux activités de fusions-acquisitions. A l’occasion de la crise des subprimes, Goldman Sachs a de nouveau été épinglé, du fait de son rôle important dans le marché des crédits hypothécaires, à l’origine de la crise. Un rapport du Sénat américain met ainsi en évidence de nombreux conflits d’intérêt, comme dans l’affaire Abacus, la banque vendant des produits à ses clients tout en prenant simultanément des paris en sens inverse. Son nom apparaît aussi dans l’affaire de la quasi-faillite d’AIG.
Goldman Sachs symbolise plus qu’aucune autre banque la toute-puissance du secteur financier et un documentaire lui étant consacré s’appelle d’ailleurs « Les Nouveaux maîtres du monde ». Qui plus est, de nombreux leaders politiques en sont issus, des deux côtés de l’Atlantique, ce qui vaut parfois à l’entreprise le surnom de « Government Sachs ». Parmi ceux-ci, citons le président du conseil italien Mario Monti, le premier ministre grec Loukas Papadimos et plusieurs secrétaires d’Etat américains au Trésor, dont Henry Paulson. C’est ce dernier élabora en septembre 2008 le plan de sauvetage américain du secteur financier, plan dont un des principaux bénéficiaires fut… Goldman Sachs.
Afin de répondre aux nombreuses critiques qui lui sont faites, Goldman Sachs a annoncé en 2010 l’arrêt de certaines activités de trading pour compte propre.
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