On parle de gestion quantitative lorsque les choix de valeurs, au sein d’un portefeuille d’actifs financiers, sont confiés à un ordinateur ou, pour être plus exact, à un modèle mathématique. La gestion quantitative s’oppose donc à la gestion traditionnelle, où les choix de valeurs sont le fruit d’un raisonnement humain, celui du gérant, sur la base de nombreux éléments quantifiables (niveau des bénéfices, PER) ou pas (qualité du management de la société).
Si la gestion quantitative entend éliminer le risque émotionnel, bien réel, que peut induire le jugement humain, elle souffre de cette image de déshumanisation, symbolique de la finance moderne. Si elle peut conduire à des dérives potentiellement dangereuses (lire article sur le trading à haute fréquence), elle n’est toutefois pas à rejeter en bloc et son principe de base recouvre d’ailleurs des applications assez diverses.
La gestion indicielle est une forme de gestion quantitative, le modèle mathématique veillant alors à ce que le poids des différents titres présents dans le portefeuille soit constamment identique à leur pondération au sein d’un indice de référence (le CAC 40, par exemple). Les investisseurs ont alors la garantie que leur portefeuille va suivre les variations de cet indice (encore appelé benchmark), à la hausse comme à la baisse. Il existe aussi des stratégies quantitatives dites actives : le but du modèle mathématique est de sélectionner automatiquement les titres à plus fort potentiel de hausse en fonction de critères macro-économiques (la croissance du PIB, par exemple) ou microéconomiques (la rentabilité des sociétés considérées, leur endettement, leur croissance), voire de données issues de l’analyse graphique.
Le gérant va faire tourner son modèle selon une fréquence prédéterminée (tous les mois, par exemple), le modèle donnant alors une liste d’investissements recommandés et, à l’inverse, de titres à vendre. Notons que ce processus de gestion n’exclut pas une intervention humaine à ce stade, par exemple pour intégrer des événements récents et exceptionnels qui ne seraient pas intégrés dans le modèle.
Surtout, la gestion quantitative est somme toute une sélection de valeurs assistée par ordinateur et ne doit pas être confondue avec les ordres de Bourse automatiques, c’est-à-dire déclenchés par des ordinateurs, qui sont accusés d’amplifier les mouvements de marché.
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