La notion de crise systémique (on utilise aussi l’expression de « risque systémique ») est à relier à l’organisation de la finance moderne, dont les acteurs sont nombreux mais ont beaucoup de relations commerciales ou contractuelles les uns avec les autres. Du fait de cette forte interpénétration des établissements financier, un incident isolé survenant chez un acteur du marché peut entraîner, par un « effet dominos » des incidents en série chez d’autres acteurs, aboutissant finalement à un blocage total du système financier. Voilà précisément ce qu’on appelle un risque systémique. Ce type de crise est particulièrement craint car les conséquences d’un blocage des marchés financiers dépassent à l’évidence le seul secteur bancaire pour se transmettre à l’économie réelle.
La crise financière de 2008/2009 répond à ce schéma de crise systémique. Elle trouve son origine dans le fait que les Etats-Unis, au nom des principes de l’économie de marché, ont laissé la banque Lehman Brothers faire faillite sans réagir, ce que tout le monde s’est accordé après coup à considérer comme une erreur. En effet, la panique s’est emparée des opérateurs, ce qui a conduit à une crise de liquidité, les banques refusant de se prêter, ayant perdu confiance dans la solidité de leurs contreparties. Il a fallu une intervention massive des Etats pour remédier au problème, avec pour conséquence un alourdissement considérable de l’endettement public dans les pays développés.
Cet épisode a remis au goût du jour le principe du « too big to fail » (trop gros pour tomber), qui se réfère aux entreprises (particulièrement financières) dont le poids est trop important pour que les Etats puissent les laisser faire faillite. Ce principe fut appliqué dès 2008 par les Etats-Unis pour l’assureur AIG, menacé de faillite juste après AIG et qui obtint un soutien étatique. En novembre 2011, à l’occasion de la tenue du G20 à Cannes, le Conseil de stabilité financière a ainsi publié la liste des 29 institutions financières mondiales qu’il identifie comme « systémiquement importantes ». Quatre groupes français figurent dans cette liste : BPCE, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale.
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