Le terme de credit default swap (CDS) peut se traduire en français par « couverture de défaillance ». Il désigne une sorte de contrat d’assurance passé entre deux institutions financières : l’acheteur de la protection paye une somme (appelée la prime) au vendeur, ce dernier s’engageant à dédommager l’acheteur si ce dernier voit se matérialiser un risque sur un titre de créance qu’il détient. Ce risque, c’est évidemment celui que l’emprunteur fasse défaut, c’est-à-dire qu’il ne puisse rembourser tout ou partie de sa dette.
C’est une banquière de JP Morgan, du nom de Blythe Masters, qui a inventé les CDS au milieu des années 1990. Depuis, cette trouvaille lui a valu le surnom peu enviable d’ « inventeuse d’armes de destruction financière massive »,surnom qui lui fut attribué par le journal britannique The Guardian.
En effet, les CDS ont été incriminés dans la crise de 2008/2009. Ils ont pour effet le transfert d’un risque d’une entité sur une autre. Contrairement à ce qui se passe dans la finance traditionnelle, où la banque qui analyse au départ le risque lié au crédit qu’elle accorde va continuer à « porter » une grande partie de ce risque jusqu’à la fin du remboursement, l’utilisation des CDS permet de diffuser le risque à des établissements n’ayant pas de lien avec l’emprunteur initial. Si l’idée de départ du produit est de répartir les risques, cela a surtout conduit à une mauvaise lisibilité des risques pris par certains établissements. Les CDS étant des contrats de gré à gré, ils sont en effet difficiles à valoriser. Et c’est quand les risques se sont matérialisés à la faveur du retournement du marché immobilier américain qu’on s’est rendu compte que quelques établissements financiers avaient fait une consommation excessive de ces produits. Certains ont été conduits à la faillite ou au démantèlement, à commencer par l’assureur américain AIG et la banque Lehman Brothers. Au lieu de disperser les risques, les CDS ont contribué à les concentrer dans les mains de quelques-uns.
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