Le terme d’émission obligataire désigne le placement par une société ou un Etat de titres obligataires, c’est-à-dire représentatifs d’un emprunt (voir également le mot « obligation »). Ce type d’opération est l’équivalent des introductions en Bourse ou des augmentations de capital, à ceci près qu’il concerne des obligations et non des actions.
Les sociétés cotées faisant appel au marché obligataire le font de manière plus épisodique que les Etats, qui font des appels au marché sur une base mensuelle et dominent largement le marché des émissions obligataires. Ainsi, sur les onze premiers mois de l’année 2011, les émissions d’Etat sur Euronext Paris ont représenté 299 milliards d’euros, contre 130 milliards d’euros pour les émissions du secteur financier (banques, assurances, etc) et 23 milliards pour les sociétés non financières.
Lorsqu’il lance son placement obligataire, l’émetteur peut opter entre deux méthodes : le « competitive bidding » ou le « book building ». Dans le premier cas, la société qui souhaite placer ses obligations lance un appel d’offres à la communauté financière et sélectionne un établissement qui va diriger l’opération (dénommé le « chef de file »), et qui sera donc généralement celui qui aura proposé les meilleures conditions de prix. Dans le deuxième cas, les investisseurs intéressés sont amenés à formuler des ordres spécifiant leurs intentions d’achat (nombre de titres, prix maximum). A partir de cela est constitué ce qu’on appelle un livre d’ordres (d’où l’appellation « book building ») qui va permettre de déterminer le prix d’équilibre.
Lorsque l’Etat français place ses émissions obligataires, c’est l’Agence France trésor qui est en charge de l’opération. La procédure utilisée de manière préférentielle depuis 1985 est l’adjudication « à la hollandaise » (ou dutch auction) un peu différente des deux précédentes. L’Agence France trésor indique deux jours ouvrés à l’avance les montants de titres qu’elle veut émettre (et les échéances des titres). Les investisseurs institutionnels font alors des offres en indiquant le prix qu’ils sont prêts à payer. Les offres les plus généreuses sont servis en premier, puis celles du niveau inférieur, et ainsi de suite jusqu’à épuisement du montant à placer. La particularité est que chaque investisseur paye exactement le prix qu’il a demandé. Contrairement à la procédure du « book building », tout le monde ne paye pas le même prix. Lorsque l’Agence France trésor indique a posteriori à quel prix s’est placée une émission, il s’agit donc d’un prix moyen pondéré.
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