Les pays émergents luttent contre la chute du dollar

lemonde
, Le samedi 21 novembre 2009, à 14h 13 CET

Malgré les efforts verbaux de l'administration américaine se déclarant en faveur d'un dollar fort, le billet vert ne se redresse pas. Le taux de change effectif du dollar - moyenne des taux de change bilatéraux du dollar par rapport à 6 monnaies (euro, yen, livre sterling, dollar canadien, couronne suédoise, franc suisse) pondérée par les échanges commerciaux - reste à son plus bas niveau depuis un an.

Pourtant le dispositif de soutien des Etats-Unis est monté d'un cran cette semaine, avec l'intervention du président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke, sur le sujet de la monnaie, à propos duquel la banque centrale ne s'exprime presque jamais puisque la politique de change est du ressort de l'administration américaine. 'Nous sommes attentifs aux implications liées aux changements de valeur du dollar', a indiqué lundi 16 novembre M. Bernanke, ajoutant que la politique de la Fed 'contribuera à faire en sorte que le dollar soit fort et source de stabilité pour le système financier mondial'.

Mais pour les puissances émergentes, ces paroles ne sont pas suffisantes. Elles voient leur monnaie s'apprécier face au dollar avec l'afflux de capitaux étrangers venant s'investir dans leurs économies. Or cet argent provient en grande partie d'un mouvement de spéculation, également appelé 'carry trade' : les investisseurs empruntent des capitaux dans une devise où les taux sont faibles - actuellement le dollar - et les réinvestissent dans d'autres monnaies à plus forte rémunération - les marchés émergents, les matières premières, et des pays comme l'Australie, où les taux sont élevés.

Après des interventions directes sur le marché des changes, pour affaiblir leur devise, certains pays émergents ont commencé à prendre des mesures pour contrôler les flux de capitaux.

Au Brésil, où le real a gagné 41,5 % face au dollar depuis début mars, le gouvernement a annoncé mercredi la mise en place d'une taxe de 1,5 % sur les ADR (American Depositary Receipt), ces certificats boursiers qui étaient utilisés par les étrangers pour investir dans la Bourse brésilienne en contournant la précédente taxe de 2 % mise en place il y a un mois sur les entrées de capitaux étrangers.

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