Jean-Marie Messier, retour aux affaires

lemonde
, Le samedi 21 novembre 2009, à 20h 15 CET

A New York, ses bureaux sont perchés dans un building de la prestigieuse Rockefeller Plaza, au coin de la Ve Avenue. A Paris, ils se situent au 9, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à deux pas de l'Elysée. Les locaux ne sont pas très grands, mais les adresses fleurent bon le business et la politique. En somme, le retour à la respectabilité. Chaque mois, Jean-Marie Messier navigue de l'un à l'autre. Trois semaines à Paris, une aux Etats-Unis pour les deals de Messier Partners, la petite banque d'investissement, fusion-acquisition et conseil qu'il a lancée en 2003. Déjeuners d'affaires et langage de banquier.

Autrefois, lorsqu'il dirigeait Vivendi, ses 400 000 salariés et son million d'actionnaires, il était recherché, flatté, admiré. Son éviction spectaculaire, en juillet 2002, pour avoir mené le groupe au bord de la faillite, l'a mis des années durant au ban de l'establishment. 'Du jour au lendemain, le vide...', lâche-t-il. Aujourd'hui, le cheveu est plus grisonnant, et il est loin du tycoon surnommé pour sa folie des grandeurs 'J6M' pour 'Jean-Marie Messier Moi-Même Maître du Monde'. A New York, il est aimable, mondain, mais avec plus de modération qu'au temps où il racontait ses week-ends dans l'Idaho avec Bill Gates et ses dîners avec Bono, le chanteur de U2. Il fréquente peu les soirées de la communauté française, côtoie parfois l'ancien ministre Renaud Dutreil, exilé politique aujourd'hui embauché par LVMH aux Etats-Unis.

Il se serait bien passé de s'asseoir là, vendredi 20 novembre, devant le juge Richard Holwell, dans la petite salle lambrissée de la District Court of New York, au 17e étage d'un building, au sud de Manhattan. Au téléphone, quelques jours auparavant, il a glissé d'une voix douce : 'Vous viendrez pour le procès ? J'ai bien peur que cela n'ait aucun intérêt...' Evidemment, cela en a un. C'est la première fois que des petits actionnaires de différentes nationalités, dont des Français, ruinés en 2002 par la chute de l'action Vivendi, engagent un procès en nom collectif contre le géant français de la communication et ses anciens dirigeants, qu'ils accusent d'avoir dissimulé la catastrophique situation financière.

En lire plus sur LeMonde.fr

Lire les autres articles du Monde.fr :
L'eau en Ile-de-France devrait augmenter en moyenne de 15 % d'ici à 2015
Les pays émergents luttent contre la chute du dollar
2009, année record
Les objets personnels de Bernard Madoff mis aux enchères
Le rôle de l’Etat (3)
Inscrivez-vous aux newsletters du Monde.fr

Copyright © 2010 Le Monde. Tous droits réservés. La reproduction ou la distribution de ces écrans sans l'accord express de Le Monde est rigoureusement interdite.