La Banque Centrale Européenne a, comme le prévoyaient une majorité d'économistes, abaissé son principal taux directeur de 25 points de base à 0,75%. Un niveau plancher depuis la création de la monnaie unique. Le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal est réduit de 25 points de base à 1,50% et le taux d'intérêt de la facilité de dépôt est abaissé de 25 points de base à 0%. La conférence de présentation de la décision a débuté à 14h30.
"La pression inflationniste pendant la période importante pour la politique monétaire s'est détendue davantage avec la matérialisation des risques à la baisse identifiés auparavant pour les perspectives de croissance de la zone euro", a expliqué le Gouverneur Mario Draghi, pour justifier la baisse des taux, avant de préciser que les anticipations inflationnistes continuent à être "solidement ancrées", en accord avec l'objectif de maintenir les taux "inférieurs à mais proches" de 2% à moyen terme. "En même temps la croissance économique dans la zone euro continue d'être faible, avec une incertitude accrue qui pèse sur la confiance", a-t-il ajouté.
"Nous avons mis en oeuvre des mesures de politique monétaire standard et non-standard. Ce paquet de mesures a soutenu la transmission de notre politique monétaire", a en outre rappelé le banquier central, avant de souligner, comme il le fait à chaque fois, que "toutes les mesures de politique monétaire non-standard sont temporaires par définition", ce qui permet à la BCE de conserver pleinement sa "capacité d'assurer une stabilité des prix à moyen terme en agissant de façon résolue et prompte".
Du côté de l'analyse économique, sur une base trimestrielle, la croissance du PIB réel de la zone euro a été plate au premier trimestre 2012, après un recul de 0,3% au trimestre précédent, a-t-il rappelé. "Les indicateurs pour le 2e trimestre 2012 indiquent un nouvel affaiblissement de la croissance économique et une incertitude accrue", signale aussi le gouverneur, alors qu'au-delà du court terme, "nous attendons une reprise progressive de l'économie de la zone euro avec, pourtant, une dynamique ralentie par un certain nombre de facteurs. Il évoque par là les tensions sur certains marchés de la dette souveraine de la zone euro et leur incidence sur les conditions de crédit, ainsi que le processus d'ajustement des bilans sur les secteurs financiers et non-financiers et un chômage élevé. "Les risques qui entourent les perspectives économiques de la zone euro sont toujours à la baisse", selon Draghi, qui cite une potentielle nouvelle aggravation des tensions sur plusieurs marchés financiers et la contagion possible de l'économie réelle de la zone euro. Les risques à la baisse tiennent également à d'éventuelles nouvelles hausses des prix énergétiques à moyen terme. "Sur la base des prix à terme actuels pour le pétrole, les taux d'inflation devraient reculer davantage en 2012 pour passer à nouveau en dessous de 2% en 2013", a-t-il pronostiqué. Pour la période importante pour la politique, dans un contexte de croissance modeste de la zone euro, et des anticipations inflationnistes à long terme bien ancrées, les pressions sous-jacentes sur les prix devraient rester modérées. "En tenant compte des décisions prises aujourd'hui les risques continuent à être globalement équilibrés à moyen terme. Les risques principaux à la baisse tiennent à une croissance plus faible que prévu. Les risques à la hausse concernent de nouvelles augmentations des taxes indirectes étant donnée la nécessité d'assainir les budgets, et des prix énergétiques plus élevés que prévu à moyen terme", selon Mario Draghi.
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