ACTIVITÉS DE VOS AMIS

    Espagne / Eco : l'aide européenne accordée au secteur financier devrait chambouler l'actionnariat des grands groupes du pays

    Le plan d'aide européen accordé au secteur bancaire espagnol ne sera pas neutre pour les établissements financiers ibériques. En effet, les banques vont être amenées à céder une montagne d'actifs de grandes entreprises, ce qui rebattra les cartes de l'actionnariat de bon nombre de sociétés de premier plan en Espagne. Si les détails du plan d'aide sont encore flous, les établissements qui recevront des fonds devront se conformer au règlement européen entourant les aides d'Etat, qui prévoit généralement des cessions d'actifs en contrepartie d'un feu vert accordé à ce type d'aides.

    UBS (NYSEArca: DJCI - actualité) estime ainsi à 22 Milliards d'euros les participations des banques dans des entreprises espagnoles qui pourraient être mises en vente, essentiellement par les caisses d'épargne régionales ("cajas"). Une telle somme représente quelque 9% de la capitalisation boursière des 35 sociétés qui composent l'Ibex, l'indice vedette de la Bourse de Madrid, précise Reuters.

    Au cours des années, les cajas ont obtenu des sièges au conseil d'administration de plusieurs grands noms de l'industrie espagnole, jouant ainsi un rôle prépondérant dans l'orientation stratégique de secteurs tels que le tourisme, l'immobilier, l'énergie ou encore les télécoms. Créées à l'époque de la campagne napoléonienne pour aider les fermiers à surmonter les destructions de récoltes, les caisses d'épargne régionales ont favorisé l'établissement de liens étroits entre prêteurs et entreprises. D'un côté, les cajas ont refinancé pendant des années l'endettement d'entreprises en difficulté pour leur éviter une crise de liquidité, tandis que de l'autre les banquiers ont gagné des sommes considérables en siégeant aux conseils d'administration.

    Bankia, qui a dû demander le mois dernier au gouvernement espagnol d'être renflouée à hauteur de 19 MdsE, soit la plus importante aide publique jamais accordée en Espagne, devrait être la première banque visée par des cessions d'actifs. Elle détient 20% de la société de technologie Indra (Madrid: IDR.MC - actualité) , 12% d'International Airlines Group (IAG), 5,3% d'Iberdrola (TLO: IBE-U.TI - actualité) ainsi que des participations non négligeables dans l'assureur Mapfre (Madrid: MAP.MC - actualité) , l'hôtelier NH Hoteles (Madrid: NHH.MC - actualité) ou encore le producteur d'huile d'olive Deoleo.

    Comme les deux premiers établissements bancaires du pays, Santander (Madrid: SAN.MC - actualité) et BBVA (Madrid: BBVA.MC - actualité) , La Caixa n'a pas besoin d'une aide extérieure, mais des analystes et des sources estiment que la cession de certaines participations de l'établissement catalan n'est qu'une question de temps. Via son véhicule Caixabank, qui porte ses actifs, la plus puissante des cajas détient 37% de Gas Natural (Berlin: 38G.BE - actualité) , 28% de l'opérateur d'autoroutes à péage Abertis, 12,8% de Repsol et 5,1% de Telefonica (Other OTC: TEFOF.PK - actualité) , sans compter des parts dans les banques Erste, en Autriche, et BPI, au Portugal...

    Actualités relatives :