En misant sur l'aéronautique, les Emirats arabes unis préparent l'après-pétrole

lemonde
, Le lundi 16 novembre 2009, à 14h 35 CET

La crise de l'aéronautique se ressent au salon de Dubaï, qui s'est ouvert dimanche 15 novembre... Pourtant, à deux heures de route, dans l'oasis d'Al-Ain, l'émirat d'Abou Dhabi prépare déjà l'avenir - et l'après-pétrole - en lançant des investissements industriels.

Plus de deux cents personnes ont assisté, le 14 novembre, à la présentation de la future usine aéronautique baptisée Strata, la première de cet émirat, préparée depuis un an par le fonds souverain Mubadala et Airbus. Des dirigeants de Boeing figuraient parmi les invités : l'avionneur américain, très intéressé par une coopération avec Mubadala, devait annoncer, lundi, un accord allant de l'entraînement des pilotes à la fabrication d'éléments composites.

Dans un an, sur ce qui n'est encore que du sable et des pierres, une unité de fabrication produira des éléments en composites pour les A330, A340 et pour les ATR de l'italien Alenia Aeronautica. 'Nous voulons devenir un acteur important dans l'industrie aéronautique, prévient Homaid Al-Shemmari, directeur associé de Mubadala Aerospace. Nos partenaires vont nous aider à acquérir des connaissances en matière technique et dans la recherche et le développement.' L'usine a l'ambition de devenir un fournisseur dit 'de premier rang', associé au développement des nouveaux modèles d'avions.

Airbus garantit 1 milliard de dollars (670 millions d'euros) de charge de travail pendant dix ans. Une partie des fabrications effectuées jusqu'à présent par l'autrichien Facc sera transférée à Strata d'ici à la fin 2010, soit une contribution de 500 millions de dollars. Le reste viendra notamment de pièces pour l'A380 ou pour le futur A350 XWB. Airbus participera également à la formation des personnels. Si l'usine démarre avec une majorité d'expatriés, 'nous espérons inverser la tendance d'ici cinq à six ans', a indiqué Homaid Al Shemmari. La part des locaux devrait alors représenter 70 % des effectifs. D'ici là, 1 000 emplois devraient être créés et c'est un Britannique, Ross Bradley, ancien directeur général de Farnborough Aerospace Consortium, qui a été embauché voici un an pour diriger Strata.

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