Démission du patron de GM Europe après la décision sur Opel ?

reuters
, Le vendredi 6 novembre 2009, à 17h 34 CET

Carl-Peter Forster, le patron de GM Europe, démissionnera à la suite de la décision du conseil d'administration de General Motors de conserver Opel au sein du groupe, ont déclaré deux sources à Reuters.

Beaucoup pensaient que Carl-Peter Forster dirigerait avec beaucoup d'autonomie Opel sous la houlette de l'équipementier canadien Magna, auquel le constructeur européen devait revenir si GM n'en avait pas finalement décidé autrement cette semaine.

"Forster a dit à un petit groupe de personnes aujourd'hui qu'il partait", a dit l'une des sources.

"Soucieux d'éviter les conflits et privilégiant les solutions mutuelles, il était un expert de l'automobile hors pair et est intervenu avec énergie dans le développement de nouveaux modèles tels que la Corsa, l'Insignia et l'Astra", a expliqué une source de la société, qui a décrit ce départ comme une perte pour Opel.

GM compte le remplacer, au moins temporairement, par Nick Reilly, le responsable de ses opérations internationales et également de la marque Chevrolet. Britannique, Reilly a notamment occupé des postes à responsabilité chez Vauxhall, la marque soeur d'Opel en Grande-Bretagne.

Le Spiegel Online, qui avait fait mention le premier du départ de Carl-Peter Forster, précisait que ce choix était une provocation de plus envers le personnel d'Opel, déjà furieux de la volte-face du groupe américain.

"Nick Reilly est plus que capable et c'est quelqu'un envers qui nous éprouvons un certain respect car s'il a bien quelque chose c'est l'intégrité. Mais je ne pense pas que ce soit le genre de personne qui puisse prendre une décision qui se fonde sur la moindre affinité avec quelque pays que ce soit", a déclaré un représentant syndical, interrogés sur la personnalité de Reilly.

Une porte-parole de GM Europe s'est abstenue de tout commentaire sur cette information. Opel a dit que Forster était encore président et qu'une annonce serait faite s'il y avait des changements.

GM a provoqué bien des grincements de dents à Berlin mais aussi à Moscou lorsqu'il a renoncé à vendre une participation de 55% dans Opel à Magna et à son associé russe Sberbank.

GM veut au contraire restructurer Opel lui-même, opération qui nécessite trois milliards d'euros, un financement qu'il espère faire partager par les pays ayant des usines Opel sur leur territoire.

Le but est de réduire les coûts fixes d'Opel de 30%, notamment en supprimant 20% des 50.000 emplois que compte le constructeur, mais pour l'heure les précisions sur ce plan manquent encore.

"Il y a des signaux de la part de la société suivant lesquels GM expliquera ses projets la semaine prochaine. Le gouvernement allemand attend ces explications et ensuite jugera", a dit à Berlin Christoph Steegmans, porte-parole du gouvernement.

Par ailleurs, le ministre de l'Economie du Land de Thuringe a dit à Reuters que Dirk Pfeil, un membre du Parti libéral démocrate (FDP) qui avait critiqué la transaction avec Magna, était remplacé au sein du trust qui chapeaute Opel depuis que GM s'est retrouvé - brièvement - en dépôt de bilan.

Le ministre Matthias Machnig a précisé que les quatre Länder abritant des sites Opel avaient convenu que Pfeil devait partir car il ne représentait pas leurs intérêts.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a suggéré qu'il revenait au trust Opel, et non à GM, d'avoir le dernier mot sur la cession mais le trust a dit de son côté qu'il n'avait pas à approuver la décision de GM.

Ce trust, qui détient 65% du capital d'Opel, sera dissous une fois que GM aura remboursé à l'Allemagne le solde d'un crédit-relais de 1,5 milliard d'euros qui arrive à échéance à la fin du mois.

Version française Wilfrid Exbrayat

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