Après sa forte hausse de vendredi (+1,8%), dans la foulée des accords de Bruxelles, l'euro redonne un peu de terrain ce lundi matin à 1,2625 face au dollar entre banques. Dans la nuit de jeudi à vendredi, rappelons que l'Espagne et l'Italie étaient parvenus, avec l'appui de la France, à forcer la main de l'Allemagne pour obtenir des mesures d'urgence afin de contrer la flambée de leurs taux d'intérêt. Le Premier (BSE: PREMIER.BO - actualité) ministre italien Mario Monti et son homologue espagnol Mariano Rajoy, sont même allés jusqu'à menacer de ne pas signer le pacte européen de croissance de 120 Milliards d'Euros, initié par la France, s'ils n'obtenaient pas gain de cause...
Les fonds de secours européens seront ainsi autorisés à recapitaliser directement les banques à partir de la fin 2012... La mesure, à laquelle l'Allemagne s'opposait jusqu'ici, a fait retomber à court terme la fièvre sur les taux espagnols et italiens et a provoqué un sursaut général des indices boursiers.
Les dirigeants européens ont aussi indiqué que l'UE avait renoncé au statut de créancier privilégié sur les prêts à l'Espagne, une mesure qui a rassuré les investisseurs privés de Madrid. Le président de l'UE a par ailleurs annoncé la création d'un mécanisme unique de supervision financière dans l'Union européenne, dans lequel la BCE jouera un rôle important... Notons que la Banque centrale européenne est aussi attendue cette semaine avec une probable baisse de ses taux directeurs à la clé.
Ce week-end, la réalité du terrain est cependant revenue au galop, avec la révision en baisse des prévisions du gouvernement français qui s'appuiera sur une prévision de croissance de 0,4% du PIB, voire moins, dans le projet de loi de finances rectificative 2012 et qui ne vise plus qu'une hausse de la croissance de 1% à 1,3% pour 2013, contre 1,7% escompté jusqu'à présent. Des chiffres annoncés par Pierre Moscovici au 'Figaro' du jour, alors que la Cour des comptes doit présenter ce lundi un audit complet sur l'état des finances publiques tricolores.
Selon M. Moscovici, "l'Insee vient de publier son diagnostic : il prévoit 0,4% en 2012. C'est ce chiffre, ou même un chiffre plus prudent encore, que nous retiendrons dans le projet de loi de finances rectificative présenté mercredi par Jérôme Cahuzac et moi-même", explique ainsi le ministre de l'Economie et des Finances. "Quant à 2013, tout le monde sait que nous n'atteindrons pas 1,7%... Tabler sur une progression du PIB comprise dans une fourchette de 1% à 1,3%, retenue par toutes les grandes institutions, paraît plus crédible".
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