Demandez à un industriel ce qu’il l’embête le plus, et il vous répondra sans coup férir le coût du travail. Demandez-lui de préciser ce qu’il entend par là et, derrière ce fameux coût du travail , se déversent tous les problèmes qu’il a à gérer au quotidien. Les tracasseries administratives, le positionnement de ses produits, la concurrence, les charges salariales, les contrôles fiscaux, les difficultés d’application du crédit impôt recherche, les contraintes environnementales comme Reach, les pénuries de compétence… J’en passe.
On pourrait en rire, leur reprocher qu’ils ne savent pas bien cerner leurs maux, qu’ils mélangent tout… Mais ce serait sans doute trop simple car le malaise des patrons, lui, est réel. Qu’on le veuille ou non, le coût du travail aujourd’hui pour un chef d’entreprise, c’est le réceptacle de tous ses problèmes. Que veulent-ils nous dire à travers cet amalgame ? Que la complexité de l’environnement économique devrait être contrebalancée par la simplicité des administrations, que les incertitudes liées à leur activité devraient être pondérées par la stabilité de leur environnement juridique.
Pour les patrons que l’on peut rencontrer au fil de nos déplacements, ce sont ces coûts cachés du travail qui font la non-compétitivité de l’industrie française. Ce sont eux qui les empêchent d’investir. Bien sûr, ils se plaignent aussi du niveau des charges mais c’est bien cette instabilité permanente des règles du jeu qui freine le plus leur projet de développement. Cette inquiétude, François Hollande l’avait bien capté pendant sa campagne puisqu’il proposait de nouer un pacte avec l’industrie sur le long terme en leur offrant justement cette stabilité. Il faut maintenant qu’il passe des paroles aux actes. Lors de la table-ronde "redressement productif" du prochain sommet social par exemple...

