LA TENDANCE
Dans des volumes d'échange encore limités pour cette séance du 8 mai, la Bourse de Paris a rechuté de 2,78% à 3.125 points sur le retour des craintes d'une sortie de la Grèce de la zone Euro après les élections législatives dans le pays et l'absence de majorité qui en découle. Toutes les autres places boursières européennes sont également retombées dans le rouge et le secteur bancaire est reparti en nette baisse.
Wall Street recule aussi nettement ce mardi soir, en l'absence de nouvelles statistiques économiques outre-Atlantique...
ECO ET DEVISES
Alors que la Grèce est dans l'impasse pour former un gouvernement de coalition, Alexis Tsipras a estimé que le pays "n'est plus lié par ses engagements envers l'Union européenne et le Fonds monétaire international" après le rejet par les électeurs des partis favorables aux plans de renflouement. Le chef de file de la Coalition de la gauche radicale recommande ainsi de placer les banques sous le contrôle de l'Etat et souhaite qu'une commission internationale enquête sur le "caractère légal" de la dette publique grecque...
"Le plan de sauvetage a été clairement annulé par le verdict populaire", a encore expliqué Tsipras. Alors que les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) arrivés en tête des élections législatives (18,85%, 108 députés) ont renoncé hier soir à former un gouvernement d'union , rappelons que c'est au tour de la gauche radicale de s'y atteler. Le moins que l'on puisse dire c'est que cela s'annonce mal ! La gauche radicale, hostile aux mesures d'austérité imposées par l'UE et le FMI est arrivée en deuxième position aux urnes (16,8% des voix, 52 sièges). Elle a refusé lundi de former un gouvernement avec le ND, qui à l'inverse, soutient la mise en oeuvre des plans exigés en échange de l'aide financière internationale. "Il ne peut y avoir de gouvernement de salut national puisque la signature de M. Antonis Samaras (chef de file de ND) n'a pas apporté le salut mais provoqué une tragédie", a encore déclaré Alexis Tsipras, chef de file de la coalition Syriza. "Nous voulons créer un gouvernement des forces de gauche afin d'échapper à ce renflouement qui nous conduit à la banqueroute", a-t-il ajouté.
La tâche pour la gauche radicale - qui doit réunir une majorité de 151 députés - s'annonce aussi difficile que pour les conservateurs... Les communistes du KKE, qui comptent 26 élus, ont annoncé dès dimanche qu'ils ne participeraient à aucun gouvernement. De leur côté, les Grecs indépendants, nouvelle formation dissidente de droite créditée de 33 sièges, ont exclu de négocier tant avec les conservateurs qu'avec la Coalition de gauche radicale. Enfin, une alliance avec les socialistes du Pasok (41 élus) qui ont soutenu les plans d'austérité aux côtés des conservateurs du ND semble improbable.
Pourtant, la Grèce doit faire vite, très vite !... D'après trois responsables du ministère des Finances interrogés par Reuters, le pays pourrait se retrouver à court de financements d'ici la fin du mois de juin en l'absence d'un gouvernement apte à négocier une nouvelle tranche d'aide avec l'UE et le FMI.
En cas d'échec des négociations, de nouvelles élections pourraient se tenir dans le pays. Une révision des termes du plan de renflouement du pays pourrait aussi être envisagée, en étalant par exemple les mesures d'austérité prévues sur trois ans au lieu de deux. Cette dernière option ne fait cependant pas l'unanimité au sein de la zone euro.
L'euro s'accroche ce soir à la barre des 1,30/$ entre banques. Le pétrole baisse à 96$ le baril WTI.
VALEURS EN HAUSSE
* Hubwoo (Paris: FR0004052561 - actualité) : reprend 4% avec Poncin
* Eiffage (EUREX: EF3F.EX - actualité) gagne 2% avant la publication demain soir du chiffre d'affaires trimestriel, suivi de LVL et de Partouche.
* Bongrain (Euronext: BH.NX - actualité) : monte de 2% avec Eurodisney, CFAO (Other OTC: CPGXF.PK - actualité) , Vicat (Berlin: 4HM.BE - actualité)
* Devoteam (Stuttgart: 928982 - actualité) : +1% avec Bouygues (Hambourg: BYG.HM - actualité) et Tessi (Paris: FR0004529147 - actualité)
VALEURS EN BAISSE
* Altran (Paris: FR0000034639 - actualité) : perd 6% avec CGG Veritas (Paris: FR0000120164 - actualité) , Eramet (Francfort: 892800 - actualité) et STM, suivi de Vallourec (Dusseldorf: 525585.DU - actualité) du côté des cycliques
* Toujours aussi volatil, le secteur automobile repart violemment à la baisse, en particulier Peugeot (Hambourg: PEU.HM - actualité) qui reperd 4%. Michelin (Euronext: ML.NX - actualité) abandonne plus de 4%, de même que Renault (Other OTC: RNSDF.PK - actualité)
* BNP Paribas (Other OTC: BNPQF.PK - actualité) , finalement en forte hausse hier, reperd 3,5%, imité par la Société Générale (Paris: FR0000130809 - actualité) (-5%).
* EDF (Paris: FR0010242511 - actualité) cède 3,2%. Le titre de l'électricien est pénalisé par une note d'analyste. Goldman Sachs (NYSE: GS - actualité) a en effet dégradé à "neutre" sa recommandation sur le dossier.
* Publicis (Paris: FR0000130577 - actualité) perd 2,7% et continue de faire l'objet de positions vendeuses significatives de la part de fonds d'investissement. BNP Paribas Arbitrage vient de déclarer à l'AMF détenir en date du 4 mai une position courte nette de 1,03% du capital du groupe publicitaire, à comparer à 1,17% du capital le 30 mars. Nomura était en position vendeuse sur 0,56% de Publicis le 3 mai et à cette même date Arrow Grass Master Fund détenait une position "short" de 0,9% du capital. Une position courte nette telle que déclaré par ces fonds prend en compte les contrats financiers, obligations convertibles ou produits dérivés, hors opérations de prêt-emprunts de titres.
* Vivendi (Euronext: VIV.NX - actualité) limite sa baisse à 1%. La Société Générale a déclaré à l'AMF avoir franchi en baisse, le 30 avril 2012, les seuils de 5% du capital et des droits de vote de Vivendi par suite d'une cession d'actions sur le marché dans le cadre de ses activités de négociation. La Société Générale détient encore 4,82% du capital et des droits de vote de Vivendi auquel s'ajoutent toujours divers instruments dérivés donnant accès au capital, dont des options d'achat de gré à gré (du 15 juin 2012 au 16 décembre 2016) portant sur plus de 41,6 millions d'actions Vivendi (soit 3,3% du capital) ou encore des options d'achat cotées portant sur plus de 30,6 millions d'actions (soit environ 2,5% du capital) exerçables sur une même période, de juin 2012 à juin 2016. D'après nos calculs, en ajoutant tous ces instruments dérivés qui incluent aussi des options de vente, la Société Générale pourrait détenir plus de 13% du capital de Vivendi. La Société Générale avait précédemment déclaré à l'AMF avoir franchi en hausse, le 20 avril 2012, les seuils de 5% du capital et des droits de vote de Vivendi par suite d'une acquisition d'actions sur le marché dans le cadre de ses activités de négociation. La banque avait alors déclaré détenir 7,86% du capital et des droits de vote de Vivendi. Une position qui incluait une partie seulement de ces instruments dérivés... La dernière déclaration de la Société Générale, par rapport à la précédente du mois d'avril, ne semble donc concerner qu'une vente de titres Vivendi détenus en propres par la banque, pour environ 0,4% du capital.
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