Serge Lhoste est associé chez Roland Berger. Il revient pour L'Usine Nouvelle sur une étude du cabinet de conseil qui estime que le marché mondial de la chimie pourrait s’élever à 4900 milliards d’euros en 2030 contre 2000 milliards d’euros en 2010.
L'Usine Nouvelle - Comment expliqué une telle croissance du secteur ?
Serge Lhoste - Au fur et à mesure que les économies se développent, l’importance de la chimie dans la production industrielle augmente aussi. Nous prévoyons une croissance globale du marché de 4,5% par an, soit légèrement supérieure à celle du PIB mondial. Mais cette croissance varie selon les zones géographiques. Elle devrait être de 6% par en Asie et de 2% en Europe. Le poids de l'Asie dans le secteur de la chimie passera de 43% en 2010 à 57% en 2030. Le mouvement de fond est celui d’un rapprochement des acteurs de la chimie avec la demande, d’autant que de nombreux produits ne voyagent pas sur de longues distances.
A quelle concurrence l’Europe doit-elle faire face ?
Nous assistons, dans le même temps, à une montée en puissance des capacités pétrochimiques au Moyen-Orient et à un développement des gaz de schiste aux Etats-Unis. Ces deux régions peuvent obtenir à moindre coût de l’éthylène, une molécule chimique à la base de nombreux polymères et de matières plastiques, en bénéficiant d'un prix de gaz naturel très bas. La pétrochimie européenne reste basée sur le naphtha dont le prix est lié au pétrole, ce qui la rend vulnérable pour l’export et face aux imports. Avec des technologies maîtrisées, l’exploitation de gaz de schiste sur le sol européen pourrait contribuer à la compétitivité de la chimie européenne en baissant les coûts de l’énergie et des matières premières.
Comment l’Europe peut-elle dès lors tirer son épingle du jeu ?
Les chimistes européens doivent se renforcer dans la chimie de spécialités et également prendre pied dans les zones de croissance telles que l’Asie. Sans


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