(CercleFinance.com) - Le titre Carrefour (Euronext: CA.NX - actualité) a été très recherché cette semaine suite à un flot d'actualités positives. La valeur gagne sur l'ensemble de la semaine plus de 6%.
Ce mouvement de hausse arrive alors que Georges Plassat a été nommé avec près d'un mois d'avance au poste de PDG de Carrefour après l'annonce mercredi du départ à la retraite de Lars Olofsson.
Lors d'un conseil d'administration tenu mercredi, Lars Olofsson a estimé que toutes les conditions étaient réunies pour que la période de transition, commencée le 29 janvier dernier, soit achevée par anticipation.
A l'issue de la réunion, le dirigeant a fait part de sa décision de partir à la retraite et présenté sa démission avec effet immédiat. Le conseil d'administration a nommé dans la foulée Georges Plassat en qualité de PDG.
Il était prévu que Georges Plassat, issu du Groupe Vivarte, prenne ses fonctions de PDG à l'issue de l'assemblée générale du 18 juin prochain. Georges Plassat avait rejoint Carrefour le 2 avril dernier en tant que directeur général délégué pour ce qui devait être 'une courte période de transition'.
D'un coup, les analystes de Crédit Suisse ont changé leur fusil d'épaule sur le très décrié titre Carrefour : ils sont passés du conseil vendeur de 'sous-performance' à celui, acheteur, de 'surperformance', sans passer par la position intermédiaire 'neutre'. L'action a aussi été intégrée à leur liste des valeurs préférées en Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) ('Europe Focus List'), et enfin l'objectif de cours est porté de 15 à 17,5 euros.
'Nous pensons que l'arrivée du nouveau PDG pourrait jouer le rôle de catalyseur du premier changement concret en bien des années', indique la note.
La principale raison de ce revirement est donc l'arrivée d'un nouveau patron du distributeur français en la personne de Georges Plassat, passé par Casino (Paris: FR0000125585 - actualité) et aussi Vivarte, qu'il a redressé. 'Nous ne savons pas encore quelle sera en détail sa politique, mais étant donné sa solide expérience dans le secteur, nous espérons et nous attendons de lui qu'il initie et mène à bien un changement radical attendu de longue date', peut-on lire dans le document.
Certes, Carrefour a des problèmes de coûts : Crédit Suisse estime notamment qu'en France, 'ses prix sont toujours supérieurs de 4% à ceux d'Edouard Leclerc', et que les résultats de la branche non alimentaire sont en baisse depuis 2004. 'Il s'agit de chiffres préoccupants, mais ils démontrent qu'il existe des opportunités à côté des problèmes', indique l'analyste.
Crédit Suisse ajoute que s'il décidait de se concentrer sur les régions les plus importantes, Carrefour pourrait dégager quelque cinq milliards d'euros en sortant des 10 pays où sa présence est la moins significative.
Au final, le conseil de 'surperformance' n'intègre pas à ce stade le succès d'une nouvelle stratégie, d'autant qu'à court terme la situation devrait rester difficile. Mais à son bas niveau actuel, le titre leur semble maintenant assez bas pour que le moindre signe de reprise n'entraîne sa revalorisation.
En cas de 'bonne exécution' d'une nouvelle orientation, les analystes estiment qu'ils pourraient plus haut que 17,5 euros. A suivre.
Après 1,12 euro en 2011, Crédit Suisse table sur un bénéfice par action Carrefour de 1,34 euro cette année et de 1,47 euro en 2012, ces deux derniers chiffres ayant été ajustés en légère baisse à l'occasion de la publication de la note.
Aurel BGC reste à 'vendre' sur Carrefour avec un objectif de cours maintenu à 15 euros, même si 'le potentiel de baisse lui semble dorénavant réduit sur le titre'.
'L'absence de visibilité sur les mesures qui seront prises par la nouvelle direction, la poursuite de la dégradation de l'environnement en Europe, et le temps qui sera nécessaire à un éventuel redressement de la rentabilité du groupe nous font rester à l'écart de la valeur à court terme', explique-t-il.
Selon Aurel BGC, l'annonce du départ de deux cadres importants préfigure la cure d'austérité que devrait imposer G. Plassat à la direction. 'Le nouveau président cherchera certainement à réduire les coûts du siège mais plusieurs rumeurs évoquent aussi l'annonce d'un plan de réduction des effectifs à l'échelle du groupe', note-t-il.
La presse se fait l'écho de rumeurs sur la possible reprise par Carrefour de la chaine de discount argentine EKI, rapporte un analyste d'Aurel BGC. Il précise que le prix à payer serait de l'ordre de 50 millions d'euros pour ce distributeur, en cessation de paiement depuis six mois et qui regroupe 130 magasins petit et moyen format. Les négociations n'auraient pas encore débuté.
'L'acquisition d'EKI pour un prix très faible en première approche serait une opportunité pour renforcer les positions de Carrefour en Argentine (3% du chiffre d'affaires du groupe) pays qui affiche toujours un fort dynamisme', juge l'analyste.
Il prévient toutefois que la préservation des 2.300 emplois, le paiement rétroactif des salaires et la situation financière difficile d'EKI pourrait renchérir le coût total pour Carrefour.
Rappelons enfin que l'Autorité de la concurrence a annoncé avoir autorisé la prise de contrôle par Carrefour de son franchisé Guyenne et Gascogne (Berlin: G5O.BE - actualité) , qui exploite 34 grandes surfaces alimentaires dans le sud-ouest de la France.
Dans le détail, Guyenne et Gascogne exploite sept hypermarchés sous enseigne Carrefour dans des villes comme Dax (Xetra: ^GDAXI - actualité) , Mont-de-Marsan et Saint Jean de Luz ainsi que 27 supermarchés sous enseigne Carrefour Market et Champion.
Dans son communiqué, l'Autorité de la concurrence explique qu'elle a considéré que cette opération n'était pas susceptible de porter atteinte à la concurrence, ni sur les marchés amont nationaux de l'approvisionnement, ni sur les marchés aval locaux du commerce alimentaire.
'En effet, l'Autorité a considéré que sur chacune des zones concernées, plusieurs enseignes concurrentes étaient présentes et étaient à même de concurrencer efficacement Carrefour', précise l'autorité.
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