La Bourse de Paris a terminé nettement dans le vert lundi (1,54%), portée par la constitution d'un gouvernement en Italie et par l'espoir de voir la Banque centrale européenne (BCE) agir dès sa prochaine réunion jeudi.
L'indice CAC 40 a gagné 58,63 points à 3.868,68 points, dans un volume d'échanges faible de 2,5 milliards d'euros. Vendredi, il avait perdu 0,79%.
Parmi les autres marchés européens, Francfort a gagné 0,75% et Londres 0,49%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a pris 1,27%.
Le marché parisien est resté dans le vert tout au long de la séance, soutenu par l'ouverture en territoire positif de la Bourse de Wall Street.
"On approche de la décision de la BCE et le marché est assez confiant dans l'idée qu'il y aura du neuf", indique Guillaume Garabédian, gérant de Meeschaert Gestion Privée.
Outre les chiffres mensuels de l'emploi américain vendredi, les investisseurs attendent avec impatience la réunion de la Banque centrale américaine (Fed) mardi et mercredi mais surtout celle de la BCE jeudi.
Ils estiment que les statistiques économiques sont trop mauvaises "pour que la BCE n'intervienne pas", s'attendant notamment à une baisse du taux directeur de l'institution, indique le gérant.
"C'est assez dangereux car si la BCE n'agit pas cela pourrait doucher les espoirs et, au minimum, on reperdra ce qu'on a gagné ces derniers jours", prévient M. Garabédian.
Au cours de la séance, les investisseurs ont regardé la publication de données concernant la consommation et les revenus des ménages aux Etats-Unis, qui ont tous les deux ralenti en mars, conformément aux attentes des analystes.
Les promesses de vente de logements ont, quant à elles, rebondi en mars (+1,5%) dans le pays, dépassant de loin les prévisions des analystes qui s'attendaient à une hausse bien plus faible (+0,1%).
En zone euro, les marchés ont accueilli favorablement la formation d'un gouvernement en Italie, où le président du Conseil démocrate Enrico Letta a présenté lundi son programme.
A la tête d'une coalition gauche-droite totalement inédite dans la péninsule, il a affirmé que les politiques de relance de la croissance ne pouvaient plus attendre dans le pays, qui souffre des politiques d'austérité.
"Nous pensons que le nouveau gouvernement est, du point de vue du marché, meilleur que la plupart des autres alternatives qui avaient été envisagées, pas seulement ces derniers jours mais même avant les élections d'il y a deux mois", soulignent les analystes de Credit Suisse dans une note.
Du côté des valeurs, ArcelorMittal a pris 2,07% à 9,48 euros grâce à un relèvement de recommandation par ING.
Les valeurs bancaires ont progressé, à l'image de BNP Paribas (1,85% à 42,35 euros), Crédit Agricole (+2,23% à 7,04 euros) et Société Générale (+1,78% à 27,02 euros).
EDF a gagné 3,38% à 16,83 euros et Veolia 2,57% à 10,39 euros. Leur filiale Dalkia a annoncé le renouvellement pour 20 ans d'un contrat de gestion d'installations de production et de distribution de chaleur à Bratislava, qui devrait générer au total 1,1 milliard d'euros.
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a par ailleurs autorisé EDF à poursuivre, pour dix années supplémentaires, l'exploitation du réacteur numéro 2 de la centrale de Fessenheim à condition d'y effectuer d'importants travaux de renforcement.
Suez Environnement a pris 2,08% à 10,82 euros. Le groupe a annoncé lundi être entré en négociations exclusives pour obtenir la collecte et la valorisation des déchets produits dans la partie ouest de Londres pendant 25 ans, un contrat dont il a évalué le montant à un milliard d'euros.
L'Oréal (+2,87% à 134,20 euros) a profité d'un relèvement de recommandation par Société Générale.
Naturex a progressé (+2,81% à 58,20 euros) après avoir publié un chiffre d'affaires au premier trimestre en hausse de 13,2% sur un an.
En revanche, SIPH, la Société internationale de plantations d'hévéas, a reculé (-3,89% à 61,30 euros). La société a vu ses résultats divisés par trois en 2012 sous l'effet de la baisse marquée des cours du caoutchouc, amplifiée par des dépréciations comptables.

