La Bourse de Paris a terminé presque stable jeudi (+0,05%), dans un marché qui a choisi de temporiser après l'annonce attendue d'une baisse de son taux directeur par la Banque centrale européenne (BCE).
L'indice CAC 40 a pris 2,01 points à 3.858,76 points, dans un volume d'échanges modéré de 3,5 milliards d'euros. Il a même atteint en séance son plus haut de l'année, à 3.888,98 points. Fermé mercredi en raison d'un jour férié, l'indice parisien avait reculé de 0,31% mardi.
Parmi les autres marchés européens, Francfort a engrangé 0,61%, Londres 0,15%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a gagné 0,26%.
Le marché parisien a évolué dans le rouge la plus grande partie de la séance. Il est repassé brièvement en territoire positif après l'annonce par la BCE d'une baisse de son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, à 0,50%. En fin de séance, l'indice a pu profiter de la bonne tenue de Wall Street.
"Le marché a été assez satisfait", indique Guillaume Garabédian, gérant de Meeschaert Gestion Privée. Mais la décision de la BCE était déjà largement intégrée dans les hausses des séances précédentes, nuance-t-il.
Les espoirs des investisseurs de voir d'autres mesures accompagner la baisse du taux - comme une injection massive de liquidités - ont d'ailleurs été "un peu douchés" par l'absence d'annonces concrètes en ce sens lors de la conférence de presse du président de l'institution monétaire Mario Draghi, ajoute le gérant.
La baisse du taux "ne sera pas suffisante à elle seule pour sortir la zone euro de la récession et des plans plus audacieux destinés à encourager les prêts aux petites et moyennes entreprises semblent en être au stade du balbutiement, c'est le moins que l'on puisse dire", estime-t-on à Capital Economics.
Lors de sa conférence de presse, Mario Draghi a déclaré que l'institution monétaire restait "prête à agir" et poursuivrait sa politique accommodante "aussi longtemps que nécessaire".
De son côté, la banque centrale des Etats-Unis (Fed) a maintenu mercredi sa politique de soutien exceptionnel à l'économie américaine, sans conséquence notable sur la Bourse de Paris jeudi.
Focalisés sur la réunion de la BCE, les investisseurs ont peu réagi à la publication dans la matinée de l'activité du secteur manufacturier en zone euro, qui a continué de se contracter en avril pour le 21e mois d'affiléee.
Ils ont en revanche été soutenus par la baisse des nouvelles inscriptions au chômage aux Etats-Unis pour la deuxième semaine de suite, atteignant leur niveau le plus bas en cinq ans.
Du côté des valeurs, les bancaires ont fini la séance dans le vert, avec BNP Paribas (+1,32% à 42,87 euros), Société Générale (+0,73% à 27,78 euros) et Crédit Agricole (+0,85% à 7,01 euros).
Capgemini a caracolé en tête de l'indice parisien (+7,66% à 37,60 euros) après avoir maintenu ses objectifs pour l'année 2013, malgré l'annonce d'un chiffre d'affaires en baisse de 2,6% au premier trimestre.
Air France-KLM a gagné 3,95% à 8,00 euros, dopé par des bonnes nouvelles sur le trafic aérien annoncées par IATA (Association internationale du transport aérien) et par l'annonce de l'extension de son accord de partage de codes avec la compagnie émirati Etihad.
Areva (+2,61% à 11,80 euros) devrait construire avec le groupe nucléaire japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) la deuxième centrale nucléaire de Turquie, un contrat estimé à plus de 15 milliards d'euros.
GDF Suez (+1,10% à 16,48 euros), qui participe à ce consortium, a vocation à coexploiter la centrale au côté d'un ou de plusieurs électriciens turcs, si l'offre l'emporte.
Les titres défensifs, peu dépendant de la conjoncture, ont été recherchés, comme Danone (+1,54% à 57,43 euros) et EDF (+1,56% à 17,24 euros).
Bureau Veritas a reculé (-5,12% à 88,29 euros) tout comme Ingenico (-2,37% à 49,68 euros).
Lagardère a perdu 0,94% à 27,95 euros. Natixis a abaissé la recommandation sur cette valeur à "neutre" contre "acheter" auparavant.
Arnaud Lagardère s'est dit prêt à racheter à Vivendi (-0,76% à 17,07 euros) la totalité des parts de Canal+ France (filiale du groupe Canal+), en vue de son introduction en Bourse.
Vivendi est affecté de son côté par un changement de recommandation de Barclays, de "surperformance" à "neutre".
Après les chiffres sur les immatriculations de voitures neuves en avril, de nouveau en baisse, Renault a perdu 0,57% à 52,02 euros et Peugeot a cédé 2,96% à 5,9 euros. Les immatriculations de PSA Peugeot Citroën ont chuté de 12,1% en avril et celles de Renault ont diminué de 2,8%, selon le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).
Oeneo s'est envolé (+17,22% à 3,20 euros). La famille Hériard Dubreuil, qui contrôle les spiritueux Rémy Cointreau, a lancé mardi via la holding familiale Andromède une offre publique d'achat sur le fabricant de bouchons et de tonneaux.
Ekinops, qui faisait ses premiers pas à la Bourse de Paris, a terminé stable à 6,11 euros.

