La Grande-Bretagne s'est ralliée samedi au projet de taxe sur les transactions boursières pour financer à l'avenir d'éventuels plans de sauvetage des banques et a invité ses partenaires du G20, réunis en Ecosse, à avancer sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique.
Dans un projet de déclaration finale obtenu par Reuters, les représentants de groupe, qui rassemble les principaux pays industrialisés et en développement, se félicitent par ailleurs des signes de reprise de l'économie, mais la jugent toujours dépendante des fonds publics injectés après la crise financière de l'automne 2008.
Les ministres des Finances du G20, réunis pour la troisième fois cette année, se sont en outre engagés à adopter d'ici janvier un calendrier détaillé pour la mise en oeuvre d'un processus d'évaluation mutuelle de leurs économies.
"Pour rétablir la santé de l'économie mondiale et du système financier, nous sommes convenus de poursuivre les mesures de soutien jusqu'à ce que ce rétablissement soit assuré", écrivent-ils, jugeant par ailleurs que le chômage reste une préoccupation majeure.
Depuis l'éclatement de la crise financière, les responsables politiques cherchent les moyens d'éviter à l'avenir d'avoir renflouer les banques dans l'urgence en puisant dans l'argent des contribuables.
C'est dans ce cadre que l'idée de la taxe Tobin sur les transactions financières, du nom de l'économiste James Tobin, a resurgi. Le Premier ministre britannique Gordon Brown, soucieux de défendre les intérêts de la City, était jusqu'à présent sur la défensive.
"Des propositions ont été émises sur une commission de garantie qui reflète le risque systémique, un fonds de règlement, des arrangements sur les capitaux ou bien encore une taxe globale sur les transactions", a-t-il déclaré samedi aux ministres des Finances du G20.
"PROPOSITIONS LÉGITIMES"
"Je ne sous-estime en aucune manière les énormes et difficiles questions d'ordre pratique et technique qui devront être réglées (...) mais je ne pense pas que ces questions doivent nous empêcher d'étudier de manière urgence ces propositions légitimes", a-t-il poursuivi.
Timothy Geithner, secrétaire américain au trésor, n'a pas caché son scepticisme et a évoqué d'autres pistes pour associer les banques au financement des futurs plans de sauvetage.
"C'est l'une des idées sur la table, mais elle ne me semble pas très attrayante", a quant à lui commenté Jim Flaherty, ministre canadien des Finances.
Paris avait déjà fait savoir la semaine dernière qu'un projet similaire était à l'étude pour financer la lutte contre le réchauffement climatique, autre thème à l'ordre du jour du G20.
Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a ainsi invité ses homologues à avancer sur le sujet.
"Je suis parfaitement conscient qu'il y a autour de cette table des opinions divergentes, il y a des discussions que nous devons avoir, et certaines négociations serrées.
"Mais il est vraiment impératif qu'à la fin de la journée nous montrions que nous avons enregistré de réels progrès (sur cette question)", a dit le Chancelier de l'Echiquier qui n'attend pas un texte définitif à l'issue de la réunion de St Andrews.
Le financement de la lutte contre le réchauffement climatique est l'une des clefs des négociations en cours depuis deux ans pour élaborer le successeur du protocole de Kyoto, premier accord international sur le sujet.
Le processus est censé aboutir lors de la conférence de Copenhague, du 7 au 18 décembre prochain.
"Il y aura des frictions sur le climat. Nous ne nous sommes entendus sur rien. Mais quelque chose doit être inclus dans le communiqué final sans quoi il y aura un scandale", a commenté un délégué russe interrogé par Reuters.
Les vingt membres du G20: Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie et Turquie; son vingtième membre est l'Union européenne.
Version française Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief
Copyright © 2009 Reuters. Tous droits réservés. La reproduction ou la distribution de ces écrans sans l'accord express de Reuters est rigoureusement interdite.