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    Alcatel-Lucent : le groupe prévient l'Europe d'un risque de "désert numérique"

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    Le président d'Alcatel (Paris: FR0000130007 - actualité) -Lucent, Ben Verwaayen, craint que la faiblesse des investissements des opérateurs européens dans les réseaux ne crée un "désert numérique" en Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) . C'est ce qu'il a confié à Bloomberg, dans le cadre d'un entretien réalisé hier à Londres. Il constate en effet que les Etats-Unis, qui ont eux aussi connu une traversée du désert, se sont repris et que le vieux continent, empêtré dans ses difficultés économiques, coiffe le bonnet d'âne en la matière. C'est d'ailleurs outre-Atlantique, en Amérique Latine et en Asie que l'équipementier va chercher sa croissance, explique Verwaayen, notamment parce que les clients européens d'Alcatel n'ont pas vraiment de soutiens pour investir dans leurs réseaux. Il en veut pour preuve que les américains ont commencé à déployer du réseau mobile LTE (4 G) alors que les opérateurs du vieux continent n'en sont qu'aux prémisses de cette technologie...

    Ce matin, le régulateur des télécommunications français, l'ARCEP, s'est cependant voulu rassurant sur la situation dans l'hexagone. Dans l'édito de la lettre hebdomadaire de l'organisation, son président Jean-Ludovic Silicani a souligné que "la France est le seul pays où, à des degrés certes variables, plusieurs acteurs déploient ou ont annoncé des déploiements de fibre optique sur des territoires autres que les zones très denses (...) et où, d'ores et déjà, 6 millions de foyers sont éligibles au très haut débit en France, contre 2 millions en Italie, et moins d'un million en Allemagne et en Espagne". En outre, la puissance économique du secteur démontre également que la France est en pointe, selon le dirigeant : "la France est le seul des grands pays d'Europe où le chiffre d'affaires du secteur n'a pas baissé entre 2008 et 2011. Au total, depuis l'ouverture du marché il y a 15 ans, le volume d'activité a augmenté de 110%, les prix de détail ont baissé de 15% et le chiffre d'affaires a ainsi augmenté de 85% en euros courants". Mais pour garder le rythme, l'ARCEP et la fédération française des télécoms estiment qu'il faut réaliser chaque année quelque 6 milliards d'euros d'investissements dans les nouveaux réseaux fixe et mobile à très haut débit et dans l'optimisation des réseaux existants. "Ce niveau est tout à fait atteignable. Il est d'ailleurs inférieur aux niveaux exceptionnels de ces deux dernières années", rappelle le président de l'ARCEP, en avançant le chiffre de 8 MdsE l'année dernière, après 7,5 MdsE en 2010, avant de reprendre "ce rythme d'investissement privé, complété par des financements publics, doit permettre d'atteindre les 30 à 35 milliards d'euros nécessaires, sur une quinzaine d'années, pour réaliser les nouveaux réseaux à très haut débit en fibre optique et 4 G, c'est-à-dire les réseaux de communication du XXIème siècle".

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